Marche pour la fermeture des abattoirs


Le Réseau Antispéciste Gard et Environs (R.A.G.E) était présent à la Marche pour la fermeture des abattoirs, qui s’est tenue à Paris le 13 juin 2015.

 

L’objectif de cette mobilisation était de promouvoir le véganisme comme seule façon éthique de respecter les animaux ; mais également pour rappeler que le spécisme ne prendra pas fin sans que le capitalisme et toutes les autres formes de dominations soient abolies.

Nous avons intégré le cortège Vegan Antifa, composé également du collectif Veganarchistes Radicales, de l’association Société Veganarchiste et de militant-e-s indépendant-e-s. Au total, nous étions une quarantaine à nous mobiliser.

 

Supports de communication

 

Nous avions prévu des banderoles, ainsi que des drapeaux.

 

Banderole « Animal and Earth Liberation – No cages »

Cette banderole montre un animal sauvage. Une espèce qui est exploitée pour sa fourrure et qui souffre, comme les autres animaux, de nos modes de vie : la mention « Earth Liberation » fait référence aux espaces sauvages saccagés pour en tirer profit. La mention « No cage » exprime à la fois le refus de la mise en captivité, et la lutte contre la destruction des habitats naturels des animaux, qui les contraint à un espace de vie réduit et morcelé.

 

Banderole « Vegan Radical – Animal Liberation »

Cette banderole est celle du Réseau Antispéciste Gard et Environs. Avec en visuel une forêt, des animaux sauvages et non sauvages, ainsi qu’un drapeau antispéciste. La mention « Vegan radical » renvoie à la page Facebook d’info/média du même nom.

 

Banderole « Vegan abolitionist »

Cette banderole montre des animaux sauvages (un hérisson et un chardonneret) qui payent également un lourd tribut aux activités humaines. Certaines de ces espèces sauvages sont par ailleurs croisées avec des espèces dites « domestiques » dans un seul objectif : la rentabilité. La mention « vegan abolitionnist » rappelle ce pour quoi nous luttons, ainsi que le « A » d’anarchie, qui affiche notre refus d’appartenance à un quelconque parti politique.

 

[A noter : le RAGE dispose de moyens financiers limités : aucune adhésion n’est demandée, et toutes nos actions et manifestations sont proposées à prix libre, afin que chacun.e puisse y participer. Par conséquent, nos supports de communication sont réalisés dans la limite des possibilités de chacun-e.]

 

L’association Société Veganarchist avaient également conçu deux banderoles, et des tracts:

 

Banderole « VVV is coming »

 

Cette banderole a été critiquée, certaines personnes affirmant qu’elle avait été conçue pour « faire de la pub ». Or, d’une part, chaque collectif et association présent-e disposait d’une banderole à son effigie ; et d’autre part, ce groupe Facebook ne vend rien, ne demande aucune adhésion à ses membres (ni gratuite, ni payante), ni don d’aucune sorte. Cette banderole a rappelé la présence d’un groupe qui compte plus de 15 000 membres, et dont l’importance ne cesse de croître. Un groupe qui informe quotidiennement les internautes de la réalité de l’exploitation animale, et qui a pour but d’amener un maximum de personnes vers le véganisme, pour les animaux.

 

Slogans utilisés


– Vegan Radical ! Libération Animale !
– Alerta ! Alerta ! Antispecista !
– Société patriarcale ! Massacre Animal !
– CRS au zoo! Libérez les animaux !
– Les boucheries en feu ! Les carnistes au milieu !
– KFC (Mc Donalds, Quick) en feu ! Les spécistes au milieu !
– Vegan ! Antifa !

Nous portions également des masques et foulards pour certain.es, par souci d’homogénéité d’une part (afin que les regards se portent davantage sur nos supports de communication que sur notre identité) ; et par souci de sécurité. En effet, étant militant-es antifascistes, nous sommes régulièrement victimes de fichage par des militant-es d’extrême droite. Les photos et vidéos servent à nous identifier à des fins répressives.
Notre service d’ordre était composé de plusieurs militants dont certains en civil. Leur but était de sécuriser le cortège et d’éviter les agressions à notre encontre. Un militant d’extrême droite (infos libres) à d’ailleurs été surpris, nous filmant à notre insu. Le service d’ordre à alors poussé ce fasciste à abandonner son activité de fichage. Il a quitté la manifestation dans les minutes qui ont suivi.

 

Objectifs

 

Notre principal objectif était de promouvoir l’abolition de toutes les formes d’exploitation, et pas seulement la fermeture des abattoirs.
En effet, si nous savons qu’une grande partie des victimes perd la vie dans les abattoirs, nous n’oublions pas les incalculables victimes de la pêche, ainsi que les animaux exploités pour leur peau, leur fourrure, leur miel, ainsi que pour les zoos, les cirques, les corridas, pour servir d’animaux de compagnie ou d’agrément ; et pour finir, les victimes sauvages qui périssent à la chasse, mais aussi car leur habitat ne leur permet plus de vivre dans de bonnes conditions (déforestation massive, fonte des glaces, pollution, espèces dites « invasives », etc.).


Notre deuxième objectif était, d’une part, d’informer les manifestant-es de la création des collectifs et associations présent-es ; et d’autre part, de promouvoir nos valeurs qui se veulent respectueuses de tou-tes les humain-es, car nous faisons état de nombreuses agressions racistes, sexistes et homophobes au sein de divers collectifs et associations. Nous souhaitons que ces militant-es, depuis trop longtemps discriminé-es, puissent manifester sans avoir à subir la violence d’individu-e-s qui pensent être supérieur-es aux autres.

 

Déroulement de la manifestation

 

Nous sommes arrivé-es vers 13h30. Le temps d’enfiler nos masques, de faire passer les banderoles à tou-te-s, et nous avons pris le départ avec les autres cortèges (diverses associations et collectifs étaient présent-es, chacun-e-s avec leurs banderoles et leur code vestimentaire).
La marche était rythmée par les slogans des un-es et des autres, des militant-es d’autres cortèges venaient également à notre rencontre pour nous photographier, nous filmer, et prendre nos tracts afin de nous aider à les distribuer.


Nous sommes arrivé-es dans une grande rue, composée de nombreuses boucheries, poissonneries, crèmeries, restaurants et fast foods. Les huées envers ces commerces se faisaient entendre, les CRS étaient postés aux devantures afin d’assurer la sécurité et de prévenir toute violence à l’encontre des manifestant-es. En effet à plusieurs reprises, des commerçant-e-s ont eu des gestes et des mots violents à l’encontre des manifestant-e-s (l’une des commerçantes a voulu en venir aux mains, mais elle a été retenue par les manifestant-e-s).

Les die-in

 

Un premier die-in a commencé : durant une minute, les manifestant-e-s ont été invité-e-s à se coucher au sol et à tenir le silence. Des cris d’animaux agonisants étaient diffusés en fond sonore.


« Une vie de lutte plutôt qu’une minute de silence »


En tant qu’humain-e-s, nous n’avons pas souhaité prendre la place des victimes. S’allonger au sol, mimant l’agonie et la mort, détourne l’attention que nous devons aux vraies victimes. C’est pourquoi pour leur rendre hommage, nous sommes resté-e-s debout, silencieux-ses, le poing levé, symbolisant la lutte que nous menons pour eux.
Sébastien Arsac, porte-parole de l’association L214, a agressé verbalement une militante à ce moment-là, en voulant la forcer à se coucher. Elle lui a expliqué notre point de vue, et c’est alors qu’il lui a donné un grand coup d’épaule, afin de la déstabiliser. D’autres camarades sont intervenues pour apaiser le conflit.

Lors du deuxième die-in, un autre militant portant un t-shirt de L214 (mais ne faisant visiblement pas partie des organisateurs) est à son tour venu insulter notre cortège. Nous lui avons expliqué notre position, et lui avons demandé de respecter la minute de silence qui était encore engagée. La présidente de L214 est venue à notre rencontre et nous a dit qu’à défaut de se coucher, nous devions maintenir cette minute de silence (ce que nous avions déjà fait lors du die-in précèdent). Le bruit n’était que le résultat de l’agression que nous venions de subir. Le 3eme die-in s’est déroulé sans encombres.

 

Suite et fin de la manifestation

 

Durant toute la manifestation, des militant-es de différentes associations ont rejoint notre cortège ; d’autres cortèges ont scandé nos slogans et nous avons tou-tes apprécié ces moments qui étaient empreint d’une grande force face aux commerces spécistes. Les membres du service d’ordre mis en place par les organisateurs/trices semblaient satisfaits d’êtres à nos côtés. Ils étaient souriants et enthousiastes vis-à-vis de notre façon de manifester.
Après plus de deux heures de marche, nous sommes arrivé-e-s sur la Vegan Place ou se trouvaient de nombreux commerces et stands d’associations (vente de nourriture, de t-shirt, etc.). Nous avons pu, à cette occasion, discuter et échanger avec de nombreuses personnes, curieuses et intéressées par le mouvement Vegan Antifa.
Une militante de la Société Veganarchiste à alors pris la parole avec un mégaphone, dénonçant la société spéciste dans laquelle nous vivons, rappelant à chacun-e-s que les droits des animaux passent par la fin de toutes les formes d’exploitation ; rappelant que les luttes humaines et sociales sont indissociables de la lutte en faveur des animaux non humains. Son discours à été très apprécié et s’est soldé par des applaudissements.

 

Merci à tou.te.s !

 

Nous tenons à remercier tou-tes les personnes qui nous ont permis de manifester ce jour-là, qui nous ont permis d’afficher nos valeurs en faveur des animaux humains et non humains. Nous remercions les militant-e-s des autres associations pour nous avoir aidé-e-s à distribuer les tracts et pour nous avoir rejoint au sein du cortège Vegan Antifa. Nous remercions les personnes du service d’ordre de L214 pour leur bonne humeur. Nous remercions les nombreux-ses militant-e-s qui nous soutiennent face à la poignée d’individu-e-s nous diffamant, leur volonté étant animée par leurs idéologies discriminatoires. Et bien sûr, nous remercions nos camarades, qui luttent chaque jour pour que cesse le massacre ; et qui portent des valeurs éthique envers tou-te-s les individu-e-s humain–es et non humain-e-s.

 

Pour un monde libre de toutes les oppressions,
pour un monde de paix et de partage.
Nous lutterons, jusqu’à ce que toutes les cages soient vides.
Vegan Antifa